Publié le 18 Août 2017

Depuis une semaine, l'affaire des oeufs contaminés au Fipronil nourrie l'actualité. Le Fipronil est un antiparasitaire, interdit dans la chaîne alimentaire. Déjà connu pour être nuisible à nos chères abeilles, ô combien indispensables au maintien de la biodiversité, il est néfaste à haute dose, pour les reins, le foie et la thyroïde. Au moins 13 lots d'oeufs contaminés auraient été livrés en France mais aussi dans 16 autres pays.

Développer les instances de contrôle sanitaire : une nécessité !

Le vendeur de l'insecticide utilisé pour nettoyer les poulaillers, l'entreprise hollandaise Chickfriend, serait au centre du scandale. En effet, tout porte à croire qu'elle s'est fournie en Fipronil en connaissance de cause auprès de l'entreprise belge Poultry Vision pour le mélanger avec son produit-phare, le Dega-16. Les deux entreprises remettent la faute sur une usine roumaine sous-traitante, qui aurait vendu du Fipronil de façon cachée dans un médicament vétérinaire... S'il est trop tôt pour déterminer les véritables responsabilités des uns et des autres, il est certain qu'on se trouve en face d'une nouvelle affaire de fraude industrielle avec en toile de fond, la course au profit.

Cette affaire s'ajoute à la liste déjà bien trop longue de scandales sanitaires, du Médiator aux prothèses PIP en passant par les fameuses lasagnes au cheval. Mais tout cela ne résulte pas d'oublis ou de négligences, il s'agit bien, dans chacun des cas, de faire des économies. La course au profit et l'obsession de la rentabilité économique conduisent des entrepreneurs peu scrupuleux à tricher. Ce nouveau scandale montre l'urgence de protéger les consommateurs avec des mesures de bon sens. L'une d'elles pourrait être un élargissement du principe de précaution, à l'opposé de la décision récente de la Commission européenne d'autorisation du glyphosate. Donner plus de moyens aux organismes de contrôle sanitaire pour faire face à l'opacité des relations économiques est également une piste à développer.

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Publié le 17 Août 2017

A en croire de nombreux commentateurs de la vie politique, responsables et élus, le capitalisme serait entré dans l'ère de la modernité avec la révolution numérique. En mettant en contact en temps réel clients et travailleurs, en flexibilisant le marché du travail, l'activité humaine serait plus adaptée à l'évolution naturelle de la société, plus dynamique, plus spontanée... Tout cela cache en réalité la volonté des financiers de continuer à accroître leurs marges malgré la crise économique. 

En mettant en place le statut d'auto-entrepreneur en 2008, la droite française a introduit le loup dans la bergerie. Ce statut particulier permet aux entreprises faisant appel à ces travailleurs de ne pas payer de cotisations sociales, cotisations dont elles doivent s'acquitter avec leurs propres salariés. Très vite, les affairistes ont senti le gros coup à réaliser et le magot à empocher. Ainsi sont nées les plateformes, applications de mise en relation d'une demande client avec un auto-entrepreneur. Loin du mythe défendu par Emmanuel Macron d'une entrée dans la modernité, il s'agit bien d'une course au moins-disant social et la marche vers la casse des droits sociaux. Le phénomène a prit le nom "d'ubérisation", du nom d'Uber la principale plateforme mettant en relation chauffeurs et clients. Cette "ubérisation" pousse à la baisse des droits des travailleurs en individualisant au maximum le rapport travailleur-patron.

L'économie de plateformes représente un lourd danger pour les droits des salariés. Elle prône un modèle avec des droits minimalistes et franchement en baisse par rapport à ceux contenus par le contrat de travail. Les auto-entrepreneurs sont affiliés au Régime Social des Indépendants (RSI). En cas de maladie, ils sont soumis à une carence de 7 jours. Les accidents du travail ne sont pas pris en charge, sauf à souscrire à une mutuelle. Point de congés payés donc prendre des vacances revient à s'asseoir sur une partie de ses revenus. Les cotisations de retraite ne sont pas automatiques, elles sont soumises à un minimum de chiffre d'affaires. L'auto-entrepreneur ne cotise pas à l'assurance chômage, ce qui signifie qu'un primo-entrant sur le marché du travail se retrouve sans revenu en cas d'arrêt et un affilié à Pôle emploi n'accumulera pas de nouveaux droits. De plus, il n'y a pas de revenu garanti.

Les livreurs de Deliveroo s'organisent et se coordonnent contre le payement à la course
Les ubérisés organisent leur lutte contre les plateformes

 C'est ce dernier point qui cristallise les tensions entre plateformes et travailleurs. En voulant augmenter les commissions prélevées à chaque course, Uber s'est mis à dos les chauffeurs qui ont organisés de nombreux blocages et manifestations. Plus récemment, Deliveroo, plateforme de livraison de repas, a réussi à unifier les mécontentements en voulant généraliser le payement à la livraison. Car voilà un motif d'optimisme : après une période d'observation, les "ubérisés" se sont organisés pour défendre leurs droits mais aussi en conquérir de nouveaux. Une section syndicale CGT a été créée à Bordeaux (CGT coursiers à vélo) à Paris et Lyon se sont des comités (le CLAP et les Fusées vertes) qui organisent la lutte contre le retour du payement à la tâche voulu par Deliveroo. Vendredi dernier, des rassemblements simultanés ont été organisé à Paris, Lyon et Bordeaux et une coordination entre les différents mouvements s'est mise en place. Ainsi les mêmes tracts sont distribués dans les différentes villes pour se défendre contre ce changement qui ferait perdre de 8 à 33% de revenus aux livreurs. Si certains souhaitent conserver la "liberté" permise par cette forme de travail, tous rejettent l'unilatéralité du rapport plateforme-ubérisé et la baisse des droits livrée avec! 

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Publié le 16 Août 2017

L'extrême-droite américaine n'a visiblement pas fait son deuil du temps où le racisme était légal dans de nombreux Etats du pays. Dans un certain nombre de ceux-ci, les signes de cette période sont peu à peu effacés du paysage, comme pour tourner la page de ces épisodes douloureux pour l'humanité. Mais ces disparitions soudent les différentes mouvances de la droite radicale et d'extrême-droite. Membres du Ku Klux Klan, néonazis et militants de l'Alt-right (droite alternative) se rassemblent pour tenter d'éviter les destructions de lieux de mémoire dédiés à leurs héros.

La majorité démocrate de Charlottesville, en Virginie, a décidé de faire tomber la statue du général Lee, figure de proue des Confédérés et défenseur du racisme légalisé, lui-même propriétaire de dizaines d'esclaves au cours de sa vie. Cette décision a aussitôt déclenché de vives réactions dans les milieux racistes du Web, pour qui le général est une des figures majeures de l'Histoire américaine. Mais hélas, ceux-ci n'en sont pas restés aux mots. En marge d'un rassemblement d'extrême-droite devant la statue, une foule de militants antifascistes et défenseurs des droits civiques s'est manifestée pour défendre une autres vision de l'Histoire de leur pays. Un jeune suprémaciste blanc, James Fields, a foncé délibérément sur le groupe avec sa voiture, tuant une femme.

La contre-manifestation de Charlottesville contre les suprémacistes

Ajoutant l'ignoble à l'horreur, Donald Trump a vite condamné "cette démonstration de haine, de sectarisme et de violence de toutes les sources et de tous les côtés. Il y a eu une violence entre manifestants et contre-manifestants hier". Ainsi le président américain ne fait pas la différence entre manifestants pacifiques et criminels ! Mais le raison de cet amalgame est politique : le magnat de l'immobilier a largement profité du vote raciste et suprémaciste du sud du pays pour battre Hilary Clinton. Avec ses saillies contre les mexicains et les musulmans, il a entretenu le climat nauséabond du pays où 65 des 85 attentats commis depuis le 11 septembre 2001 sont le fait de suprémacistes. Face au tollé suscité par sa première réaction, Donald Trump n'a eu d'autre choix que de condamner clairement les groupes d'extrême-droite...plus de 48 heures après les faits ! Contrition de courte durée, puisque dès le lendemain, il a de nouveau évoqué "des tords des deux cotés". Chassez le naturel, il revient au galop !

Dans le cortège de réactions, la passivité des chefs d'état américains face à la montée de l'activisme suprémaciste n'est que très peu évoquée, bien qu'étant un élément-clé du problème. En y consacrant sa Une et une double page à son numéro du 14 août, l'Humanité met un coup de projecteur sur la dangerosité de se laisser-faire.

 

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Publié le 14 Août 2017

S'il en fallait une, preuve est faite des dangers que fait peser Trump sur le fragile équilibre planétaire. En choisissant d'engager le bras de fer avec son homologue nord-coréen, le dictateur Kim Jung-Un, le président américain ouvre une période d'incertitude pour la paix mondiale. Cette escalade des tensions s'est produite sur fond de progrès nucléaire de la Corée du Nord, ou en tout cas de suspicion de progrès tant il est compliqué de connaitre réellement le niveau de développement de l'arsenal nucléaire du pays.

Les deux chefs d'Etat engagés dans une escalade dangereuse pour l'avenir du monde

Mais au delà des attitudes irresponsables et va t'en guerre des deux présidents, ce conflit met en lumière la politique extérieure américaine, source de bien des conflits. Un conseiller de Trump a même fait le parallèle entre la situation actuelle et la crise des missiles à Cuba en 1962. Si le contexte géopolitique a bien changé, il n'en reste pas moins que la menace ou carrément l'intervention militaire est une constante de la politique extérieure américaine. Rien ni personne ne semble devoir contester l'ordre libéral et résister à la domination américaine. Du soutien à l'opération Condor contre les régimes et mouvements progressistes d'Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay, Chili) aux interventions en Iran contre Mossadegh d'abord puis pour aider le Shah ensuite, en passant par la guerre du Vietnam pour "éviter la propagation du communisme", les exemples d'interventions pour façonner le monde selon les souhaits des trusts et idéologues américains ne manquent pas. Aujourd'hui les mêmes logiques sont toujours à l'oeuvre, les Etats-Unis ayant, sans contestation possible, le budget militaire le plus élevé du monde ainsi qu'une omniprésence sur la planète : dans plus d'une centaine de pays, sur tous les continents. 

L'omniprésence militaire américaine, carte datant de 2015

A l'inverse des tendances actuelles, il est aujourd'hui urgent d'engager le désarmement, nucléaire mais pas uniquement, afin de faire retomber les tensions. A l'image de la Conférence d'Helsinki, seul le dialogue sérieux et déterminé peut faire déboucher le monde sur une période de paix. Les logiques de coopération, économique mais aussi culturelle, doivent prédominer pour damer le pion aux velléités nationalistes. Voilà des débats que l'Humanité ouvre et alimente régulièrement dans ses colonnes en ne se contentant pas d'une condamnation unilatérale du régime nord-coréen.

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Publié le 12 Août 2017

Cette semaine, il a été difficile d'échapper à l'événement qui a sorti le monde du ballon rond de la torpeur de la trêve estivale : la star brésilienne Neymar a quitté le Barça pour rejoindre le Paris Saint Germain. S'il a tant fait parler, c'est parce que ce changement de club a eu pour contrepartie une somme record dans le football : 222 millions d'euros ! Ce montant affolant illustre l'évolution du sport-roi au cours des dernières décennies. Le football est entré dans une nouvelle dimension mais hélas pour les amateurs de dribbles, passements de jambes et mouvements collectifs, cela n'a rien à voir le jeu.

La puissance du portefeuille met à mal la glorieuse incertitude du sport. Ainsi, en Ligue 1, le championnat de France, Monaco et le PSG se partagent les cinq derniers titres or ces deux clubs profitent depuis 2011 des largesses financières d'un milliardaire russe pour le club du Rocher et d'un fond qatari pour celui de la capitale. Comme le montre le feuilleton Neymar, les sommes d'argent qui circulent dans le football sont de plus en plus importantes et le capital privé acquiert progressivement une importance grandissante.

Pendant que le football professionnel jongle avec les centaines de milliards d'euros, le sport populaire est asphyxié par la rigueur budgétaire. Symbole d'un monde à deux vitesses...

Mais le ballon rond n'est pas le seul à être dénaturé par la financiarisation du sport. Comme tous les mois de juillet, la France a vécu au rythme du célèbre Tour de France (cycliste, évidemment). Et là aussi il y a une domination outrageuse, celle de l'équipe britannique Sky. Grâce à Wiggins et Froome, cette équipe a remporté cinq des six derniers Tours de France, et avec maîtrise s'il vous plait, voir facilité ! Son budget, bien que ridicule en football, fait d'elle l'équipe la plus puissante du peloton cycliste. Son budget annuel de 35 millions d'euros représente plus de deux fois celui de la meilleure équipe française et une des meilleures au monde, AG2R La Mondiale. Cette différence est bien visible à la comparaison des effectifs des différentes équipes. En plus du vainqueur, Chris Froome, la Sky alignait aussi Landa qui termina au pied du podium pour une malheureuse seconde, Thomas contraint à l'abandon mais à coup sûr au niveau pour un top 5 voir mieux, Nieve 14ème au final en ayant joué l'équipier ou encore Kwiatkowski, un des meilleurs mondiaux sur les courses d'un jour. Avec une telle "dream team", ne pas ramener le maillot jaune à Paris, eut été, sinon anormal, au moins une énorme surprise !

En parallèle de cette évolution vers toujours plus d'argent et de sa concentration dans les sports professionnels, le sport amateur subit un phénomène inverse. Peu à peu, les moyens alloués aux très nombreux clubs de sport de notre pays diminuent. Dépendant pour près d'un quart de son budget des collectivités locales (communes, départements, régions), le tissu associatif a été frappé de plein fouet par la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités locales. Faute d'une réforme fiscale juste et équitable, faisant contribuer à la hauteur de leur capital les fortunes privées, les différents gouvernements ont orchestré l'asphyxie du monde associatif et la perte du lien social, des notions de partage, d'esprit d'équipe, de solidarité promues par le sport. Et cette politique conduit de l'autre côté à une concentration du capital sans précédent, capital réinvesti parfois dans le sport de haut-niveau, sport-business. La boucle est bouclée : comme dans la société, monsieur-tout-le-monde subit la rigueur budgétaire tandis que les actionnaires prospèrent en véhiculant leurs propres valeurs : l'argent-roi, la quête de célébrité, la concurrence exacerbée pour se faire une place au soleil et lit du chacun pour soi. 

Les Jeux Olympiques, l'événement-phare du monde sportif, ont eux aussi subi les assauts de la finance. Les coûts pour la ville-hôte sont énormes et bien supérieurs aux prévisions, ce qui a fait que pour les JO de 2024 et 2028 de nombreuses villes initialement candidates (Budapest, Hambourg, Rome) ont décidé de retirer leur candidature. L'exemple de Rio qui a organisé la dernière compétition et a vu ses importants problèmes financiers s'aggraver agit sûrement comme un précédant alarmant. En plus, l'Histoire est riche en exemples d'infrastructures inutilisées puis en ruine après la fin des compétitions. Les grands gagnants dans cette affaire sont systématiquement les trusts du BTP (Bouygues, Vinci et Eiffage se frottent les mains de la candidature de Paris) mais aussi les grands sponsors du monde sportif comme Coca-Cola, Mc Donald's ou Nike. 

Le sport est beau, noble et promoteur de valeurs inhérentes à la vie en société. Il est urgent de promouvoir un sport populaire, facteur d'épanouissement et de développement des individus et pour cela il est nécessaire de le sortir des logiques financières. Le développement du fair-play financier serait un bon moyen d'accorder les valeurs du sport avec le système qui le régente. Mais tel qu'il est mis en place dans le monde du ballon rond, il ressemble plus à une coquille vide qu'à de véritables moyens pour réglementer la place de la finance.

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Publié le 11 Août 2017

Le groupe d'extrême droite, Génération identitaire, refait parler de lui ! En quelques mois, il a réussi à lever les fonds nécessaires à la location d'un bateau, le C-Star, destiné à entraver l'action des ONG en soutien aux migrants dans la Méditerranée. Le bateau a été mis à l'eau il y a deux mois mais tout ne s'est pas tout à fait passé comme prévu entre réticences de certains Etats et fuite de tamouls embauchés (!) pour faire nombre sur le bateau.

Dernièrement, le C-Star croisait au large de la Tunisie et a annoncé son intention de se ravitailler dans un port du pays, à Zarzis. Mais là encore, ils ont du déchanter. Les pécheurs locaux ont décidé de bloquer le canal d'accès au port aux cris de "No racists", "Dégage" ou "No passage". Dans la foulée, la puissante centrale syndicale, Union Générale Tunisienne du Travail, a lancé un appel à suivre l'exemple de Zarzis. Conséquences directes : les identitaires n'ont pu se ravitailler dans le port choisi et le gouvernement, sous la pression de l'UGTT, a interdit au C-Star d'accoster en Tunisie.

Les pécheurs de Zarzis, un exemple de solidarité et de résistance à la montée du racisme

En avril dernier, ces pécheurs avaient déjà montré leur humanité en secourant 80 subsahariens en provenance de Lybie et en direction de Lampedusa. En étant fidèle à la tradition internationaliste du mouvement syndical, ces travailleurs et l'UGTT donnent un bel exemple de résistance aux désirs des racistes dans le contexte migratoire particulièrement morbide du moment.

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Publié le 9 Août 2017

Michel Temer a succédé à Dilma Rousseff à la présidence du Brésil il y a moins d'un an, à la suite d'un épisode judiciaire douteux mêlant la successeure de Lula à une affaire de maquillage des comptes publics. Douteux car ce qui était déjà connu à l'époque s'est amplifié depuis : la droite qui a succédé au Parti des Travailleurs est nettement pire dans le domaine et baigne dans des scandales d'un tout autre calibre. Relativement peu connu à l'étranger, l'homme fort de la droite brésilienne, actuel chef d'état, mérite pourtant qu'on lui accorde un peu d'attention.

Michel Temer, actuel président du Brésil et Dilma Rousseff, sa prédécesseur : deux lignes politiques bien différentes.

Arrivé au pouvoir sans être élu, il a réussi, en quelques mois à descendre tout proche des 5% d'opinion favorable, fruit de sa rupture avec les politiques sociales de ses prédécesseurs Lula et Rousseff, et de son implication dans une affaire de corruption de grande ampleur. Mais Temer n'est jamais à cours d'idées pour faire tomber la pièce de son côté. Après avoir privilégié le terrain judiciaire, bien moins escarpé que le terrain électoral, pour arriver au pouvoir, il a décidé de...corrompre une fraction des députés pour échapper à un procès en corruption ! En effet, pour que la demande de mise en accusation à son égard soit rejetée par les députés, il a ouvert grandes les vannes de liquidités : de nombreux élus ont bénéficié de crédits pour leurs territoires en échange d'un vote contre sa mise en accusation. Alors qu'il rogne sur les budgets sociaux, cela en dit sur ses priorités politiques : son poste, surtout pas l'amélioration du sort des classes populaires. 

Voilà matière à s'attirer les foudres de l'opinion internationale mais, surprise, tout ceci s'est déroulé dans un relatif silence. A l'opposé du traitement infligé à Nicolas Maduro... mais son homologue brésilien ne remet pas en cause les inégalités de développement entre les pays, ni la mainmise de la finance sur la société. Ceci explique cela !

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Publié le 7 Août 2017

Le 31 juillet 2017 a été marqué, comme tous les ans, par de nombreux hommages à Jean Jaurès, mort le 31 juillet 1914 sous les balles du nationaliste bien-nommé, Raoul Villain. Si les hommages restent très largement rendus par la gauche, fréquemment des personnalités aux idées politiques variées lui rendent hommage. Outre les talents de magicien et le culot d'Emmanuel Macron et de Nicolas Sarkozy, cela illustre la résonance de la pensée de Jean Jaurès.   

Car Jean Jaurès était, et reste, une figure emblématique de la gauche. Son parcours de vie, philosophe et féru de journalisme d'abord républicain puis poussé au socialisme par la brutalité du patronat, fait de lui un militant atypique, toujours prompt à se questionner et bouleverser les certitudes. La lutte entre les ouvriers de Carmaux et l'alliance de la droite et du patronat symbolisée par le marquis de Solages, va le gagner définitivement au socialisme, certain qu'il était désormais de la lutte qui se menait quotidiennement entre les ouvriers et les administrateurs des entreprises. En 1902, il participe à la fondation du Parti Socialiste Français et devient un militant acharné de l'unification des courants socialistes. C'est une des raisons qui va le pousser à créer le journal l'Humanité en 1904, il y voit la possibilité d'ouvrir un large débat dans les rangs socialistes. Mais Jaurès était aussi convaincu de la nécessité de faire contrepoids à la classe possédante avec une source d'information indépendante des forces d'argent et faisant de l'éducation populaire un axe majeur. C'est un combat qu'il est nécessaire de poursuivre, aujourd'hui encore, pour reconstruire la gauche et en diffuser les idées.

Le parcours politique de ce formidable tribun repose sur une base théorique exceptionnelle. Son oeuvre principale, Histoire socialiste de la Révolution française, fait date comme un ouvrage clé pour comprendre les dynamiques de la période et ses apports pour le mouvement socialiste. En liant magistralement socialisme, république et démocratie, Jaurès livre bien involontairement des pistes pour actualiser le logiciel communiste après la tragédie du soviétisme. Pour lui, le socialisme sera la forme aboutie de la république, il ne conçoit pas l'un sans l'autre. En étant un des rares socialistes (y compris sur le plan international) à faire campagne contre la Première guerre mondiale, Jaurès est devenu un symbole de l'internationalisme et du pacifisme, militant d'une paix bousculée quotidiennement depuis plus d'un siècle pour des conquêtes de marchés et de matières premières. Sa pensée est très actuelle et beaucoup de ses raisonnements méritent d'être étudiés et partagés.L'ouvrage collectif édité par Le Temps des Cerises, Sur les traces de Jaurès, fait un tour d'horizon varié des apports de Jaurès au mouvement socialiste et ouvrier. A lire, relire et faire lire sans modération !

La couverture du livre Sur les traces de Jaurès

 

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Publié le 3 Août 2017

La fin de semaine dernière a été marquée par l'aggravation de la crise politique au Venezuela. L'opposition de droite, regroupée dans une grande coalition appelée MUD (Table démocratique), a souhaitée profiter de l'élection d'une Assemblée constituante pour mettre à terre, ou à minima fragiliser considérablement le régime bolivarien. Après avoir appelait au boycott de l'élection, elle a lancé le mot d'ordre de "prendre Caracas" et d'une grève de deux jours. Ces initiatives n'ont pas eu le succès escompté, bien au contraire. Avec 42% de participation, le peuple vénézuélien a montré son attachement aux acquis de la révolution, compte tenu du boycott de la droite et des menaces de violence omniprésentes autour des bureaux de votes. Ces élections marquent, à l'évidence, un coup d'arrêt dans la stratégie de pourrissement de l'opposition, qui semble découvrir que l'opinion du pays n'est pas la copie conforme de la vision proposée par les médias occidentaux.

Bien qu'au cours des derniers mois, la tension ait augmentée crescendo au Venezuela, la contestation du régime chaviste n'est pas nouvelle. Hugo Chavez avait du affronter un putsch en 2002 ainsi qu'un référendum révocatoire en 2004, obstacles qu'il avait réussi à franchir. Mais depuis 2010, sur fond de crise économique, l'opposition liée au patronat et aux Etats-Unis accroît la pression contre le pouvoir vénézuélien, notamment par la spéculation contre le bolivar et l'organisation de pénuries alimentaires. Le pays de l'Oncle Sam reprend là ces vieilles ficelles pour affaiblir les régimes latino-américains qui ne lui sont pas inféodés.

Pour trouver une issue positive à la crise et fédérer les différentes catégories de la population, Nicolas Maduro a annoncé l'élection d'une Assemblée constituante. L'opposition, qui en réclamait une en 2013, a rejetée cette proposition et ne semble pas vouloir attendre la présidentielle de 2018. Ainsi, la Table d'unité démocratique (MUD), coalition hétéroclite regroupant les forces défavorables à Maduro, a appelée à de nombreuses manifestations et blocages, au risque d'aggraver encore la situation économique du pays. Au mépris de toute légalité, elle a désignée un Tribunal suprême de justice et fait du passage en force sa méthode pour stopper le processus bolivarien.

Si le régime mis en place par Hugo Chavez suscite autant de haine chez les catégories aisées de la population et les Etats-Unis c'est en raison du tournant politique que la révolution bolivarienne a représentée, dans toute l'Amérique du Sud. En effet, le régime a mis en place une politique résolument tournée vers les classes populaires et le développement de leur niveau de vie. Les nombreuses "missiones" ont sorties des pans entiers de la population de l'analphabétisme, de la pauvreté, du mal- logement (ou de l'absence de logement). Une de ses "missiones" avait même pour but de fournir des cartes d'identité aux nombreux vénézuéliens qui en étaient dépourvus. La retraite a été portée à 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes. La santé est devenue gratuite grâce à une coopération avec Cuba, les prix ont diminués grâce aux supermarchés d'Etat. Les importantes ressources pétrolières ont été nationalisées afin de mettre un terme au pillage des richesses naturelles du Venezuela par les Etats-Unis.

De tout ceci il n'est évidemment pas question dans les discours des principaux dirigeants de la planète ainsi que dans les grands médias. La version d'une responsabilité à sens unique, celle du pouvoir évidemment, est la seule à être défendue. Ce n'est pas nier la crise existante ou le manque de diversification de l'économie du pays que de pointer du doigt la politique du pire menée par l'opposition et les dangers qu'elle fait peser sur l'avenir du pays et ses acquis pour les classes populaires.

 Dans cette information largement uniformisée, le quotidien l'Humanité est bien seul à révéler les dessous de la politique de la Table d'unité démocratique (MUD).

En pleine crise économique et politique au Venezuela, l'Humanité pointe du doigt les responsabilités de l'opposition dans la situation.
La Une de l'Humanité du 28 juillet 2017

 

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Publié le 31 Juillet 2017

Voilà des révélations qui tombent mal pour la ministre du travail, Muriel Pénicaud. L'Humanité du 27 juillet 2017 a révélé que l'ex-Directrice Générale des Ressources Humaines de Danone aurait largement tiré profit du plan de 900 suppressions d'emplois du géant laitier en 2013.

Selon les comptes officiels de Danone que l'Humanité a consulté, Muriel Pénicaud aurait réalisé une jolie plus-value avec des "stock-options". Petit retour sur ce tour de passe-passe boursier. Bien qu'ayant battu le record de chiffre d'affaires en 2012 et ayant un taux de marge voisinant 15%, le PDG de Danone estime que l'entreprise n'est pas assez rentable, notamment en Europe. Pour assouvir la soif de profit des milieux financiers, il annonce en février 2013 une restructuration avec la suppression de 900 postes en Europe dont 200 en France. L'effet est immédiat : de moins de 52€, l'action décolle à 55-60€ et s'y maintient pendant des mois. Les boursicoteurs sont comblés. Et parmi ceux-là, l'actuelle ministre du travail va particulièrement bien tirer son épingle du jeu. Ayant perçue 55 120 actions à 34€, elle profite de la hausse du prix de l'action, suite à l'annonce du plan, pour les revendre à un prix moyen de 54€...et empocher ainsi 1,13 million d'euros en une seule journée !

En plein débat sur la moralisation de la vie publique, où les enjeux de séparation des élus et des puissances d'argent sont soigneusement évités, cette affaire illustre parfaitement la profondeur du mal dans le domaine. Et elle en dit long sur le cap politique tenu par l'exécutif : satisfaire les actionnaires sur le dos des salariés ! La question de la légitimité de Muriel Pénicaud est dorénavant posée, peut-on être ministre du travail et s'enrichir sur les suppressions d'emplois ? Du reste, l'ex-DRH est déjà fragilisée par son implication dans l'affaire Business France et ses soupçons de favoritisme dans l'organisation d'une soirée de promotion du candidat Macron à Las Vegas.

L'Humanité révèle le tour de passe-passe de Muriel Pénicaud, actuelle ministre du travail, pour s'enrichir sur les suppressions d'emploi chez Danone en 2013.
La Une de l'Humanité du 27 juillet 2017

 

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