Le "renouveau macronien" au révélateur du rail britannique
Publié le 15 Septembre 2017
En dévoilant les sinistres intentions d'Emmanuel Macron à l'égard des cheminots, un magasine interne de la SNCF a ouvert un bouillant débat. Le chef de l'Etat a, en effet, fait part de son souhait de transférer la dette de la SNCF à l'Etat contre un "pacte social". La première étape de ce pacte serait la fin du régime spécial de retraite des cheminots, qui peuvent partir à 52 ans pour les conducteurs et 57 ans pour les autres.
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement lourd pour les cheminots qui en plus d'affronter la loi travail XXL en cours, sont confrontés à la mise en place par réformes successives de la libéralisation de leur secteur d'activité. L'exemple britannique est révélateur des dangers que représente l'ouverture à la concurrence pour les droits des cheminots mais aussi pour la sécurité et le pouvoir d'achat des usagers, devenus clients. En 1997, la British Rail a été privatisé par le gouvernement conservateur. La société ferroviaire historique a été éclaté et vendu à une multitude d'entreprises, poursuivant un mouvement amorcé par Margaret Thatcher.
20 ans après, le bilan conduit deux tiers des britanniques à souhaité une renationalisation du rail, le thème est même devenu un axe important du programme du leader travailliste, Jeremy Corbyn. Les raisons sont multiples : hausse substantielle du coût des trajets, baisse des investissements entraînant de nombreux accidents, les retards sont désormais monnaie courante, le mécontentement des cheminots est à son comble suite à la dégradation de leurs conditions de travail...

L'exemple britannique devrait conduire le gouvernement à soigneusement étudier la question de l'avenir de la filière ferroviaire, actuellement menacée d'emprunter la voie libérale menant à toujours plus de dérégulation avec une libéralisation prévue à l'horizon 2020.
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